Technologie, Jeunes et Généalogie

La technologie pour intéresser les jeunes à la généalogie

Cet été, j’ai écrit un article pour vous donner sept pistes pour intéresser les jeunes à la généalogie. Cet article avait pour but de vous inspirer des pistes ludiques pour donner envie aux jeunes de votre famille de s’intéresser à la généalogie, et ce dès leur plus jeune âge. Vous avez été quelques-uns à réagir à cet article et me parler de l’addiction aux smartphones des jeunes de votre famille ! Aujourd’hui je vais donc vous parler un peu plus précisément de ceux que l’on regroupe sous la génération Y (nés entre 1980 et 2000 et dont je fais partie) et la génération Z (nés après 2000). Ces générations ont des usages très différents de ceux des générations précédentes, notamment par leur rapport aux nouvelles technologies, et je vais essayer de vous aider à mieux comprendre pourquoi dans quelques instants.

Par ailleurs, il y a quelques semaines, lors de RootsTech London, j’ai eu le plaisir d’assister à une conférence du Professeur Simon Gibson sur comment utiliser la technologie pour intéresser les jeunes à la généalogie. Et je vais donc en profiter pour vous faire également mon compte-rendu de cette conférence avec quelques pistes supplémentaires auxquelles j’ai pensé de par mon expérience professionnelle au contact des start-ups et des nouvelles technologies. Allons-y !

Dans quel monde vivons-nous ?

Cela ne vous a pas échappé, nous vivons dans un monde où tout doit aller vite, où tout change vite et où nous avons du mal à anticiper le futur. Pour caractériser notre environnement actuel, les chercheurs utilisent souvent l’acronyme anglais VUCA, pour Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity : notre monde d’aujourd’hui est volatile, incertain, complexe et ambiguë. Et les nouvelles technologies y sont pour quelque chose !

En 1965, Gordon Moore a énoncé une loi que l’on appelle la loi de Moore : la puissance de calcul des processeurs double tous les dix-huit mois. C’est une loi exponentielle qui traduit le fait que les machines sont devenues de plus en plus puissantes, de plus en plus petites et de moins en moins chères. Par exemple, si Intel avait lancé un smartphone en 1971, le processeur à lui seul aurait mesuré la taille d’une voiture !

Pas facile de trouver une illustration parlante de la loi de Moore, j’espère que celle-ci vous éclairera !

Cette diminution de la taille des machines à puissance croissante a donc démocratisé l’usage des tablettes et des smartphones. Grâce à ces évolutions technologiques, de nouvelles entreprises sont nées, comme Google, Amazon, Facebook, Apple (ceux que l’on appelle les GAFA, par leurs initiales). Ces entreprises ont changé la manière de proposer des produits et des services à leurs clients. Ils nous ont donné l’impression que l’on pouvait avoir tout et tout de suite : obtenir une information en un clic au lieu de passer des heures dans une bibliothèque, commander sur internet un produit en une minute et le recevoir seulement 48 heures plus tard, communiquer avec des gens dans le monde entier, partager des photos, des vidéos en temps réel.

Les jeunes de nos familles, ceux de la génération Z, sont nés dans ce monde. Ceci est leur univers et les usages que je viens de vous décrire, ce sont des habitudes normales pour eux. Alors ils sont impatients, habitués à l’immédiateté. Leur attention est dure à canaliser plus de quelques minutes… et bien sûr ils sont tout le temps sur leur smartphone !

Force est de constater que l’on ne parle pas le même langage qu’eux et qu’il est d’autant plus difficile de les intéresser à un loisir comme la généalogie, qui nécessite la patience de chercher des heures un ancêtre.

Pourtant, je suis convaincue que la généalogie a le potentiel d’intéresser les jeunes générations, pour peu qu’on la présente de la manière qui leur parle.

Comment se reconnecter avec les jeunes générations ?

Et vous savez quoi ? Il y a quelque chose que nous avons en commun, nous généalogistes, avec les jeunes générations : nous aimons capturer des moments et des souvenirs pour les partager. Et il y a un format idéal pour cela : la vidéo ! Les jeunes générations vont partager leurs vidéos sur Instagram, Snapchat, ou encore sur TikTok. D’ailleurs la raison d’être de TikTok exprimée sur leur site internet est de fournir un outil de génération de courtes vidéos pour capturer et présenter la créativité des gens, leurs connaissances et leurs moments de vie. Ce dernier objectif est très proche de la raison d’être des généalogistes de capturer et présenter les moments de vie de leurs ancêtres et de leur famille. Donc si nous arrivons à encourager les jeunes de notre famille à utiliser leurs smartphones pour capturer les moments de l’histoire familiale, nous leur donnons un rôle actif dans la préservation des souvenirs et dans la transmission de notre généalogie commune.

Si vous ne connaissez pas les réseaux sociaux ci-dessus et que vous souhaitez les découvrir, je vous invite à commencer par Instagram qui me parait le plus accessible, avec des jeunes et des moins jeunes. Pour utiliser l’application Instagram sur son smartphone, on télécharge et installe l’application, on s’inscrit, on suit d’autres comptes Instagram, on peut poster des photos ou des vidéos et on peut visionner les photos et les vidéos des comptes que l’on suit. Il existe également ce que l’on appelle des stories : de courts contenus animés qui sont éphémères et disparaissent au bout d’un certain temps. Quelle que soit l’application utilisée, la tendance est à la vidéo courte de 1 à 3 minutes maximum.

Par ailleurs, l’usage du smartphone et d’applications qui simplifient toujours plus les tâches permet de donner aux jeunes générations des compétences en photographie, en montage vidéo, voire en développement web. A nous de tirer parti de leurs compétences au service de l’histoire familiale. Certes, cela peut parfois être agaçant de voir les jeunes toujours accrochés à leur smartphone. Mais plutôt que de leur faire des reproches, demandez-leur leur aide pour capturer les souvenirs familiaux, faire un petit montage vidéo et partager cette vidéo au reste de la famille. Mettez-les à contribution !

Je vous invite à essayer et à me tenir au courant si cela a marché ! Les fêtes de fin d’année sont l’occasion d’essayer !

Les nouvelles technologies au service de la généalogie

Pour finir, j’aimerais vous lister quelques nouvelles technologies et leur utilité pour la généalogie, car certaines d’entre elles peuvent aussi permettre de rajeunir la généalogie :

  • L’intelligence artificielle qui consiste à utiliser des techniques de calcul et des algorithmes complexes pour simuler certains traits de l’intelligence humaine (raisonnement, apprentissage…). Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée en généalogie pour affiner les correspondances entre les arbres généalogiques en ligne et toutes les données disponibles sur internet où figurent peut-être vos ancêtres. La start-up française Geneafinder évoque notamment sur son site internet sa capacité d’utiliser l’intelligence artificielle pour traiter en masse des données et faciliter le travail du généalogiste. Je n’ai pas encore testé si cette promesse est à la hauteur de mes attentes sur les bénéfices de l’intelligence artificielle.
  • Le cloud qui permet de stocker ses données sur des serveurs à distance au lieu de les stocker sur son propre ordinateur. Cela permet ainsi de posséder une sauvegarde de ses données généalogiques si on a un problème sur son ordinateur. Je stocke désormais mes documents de recherches et mes photos sur Google Drive et Google Photos et depuis que je fais cela j’ai l’esprit beaucoup plus tranquille.
  • L’Internet of Things (IoT), en français l’Internet des Objets, qui permet de connecter des objets de la vie quotidienne. La start-up française Familink a notamment créé un cadre photo connecté qui peut recevoir et afficher en temps réel des photos envoyées par email ou par des applications de messagerie sur mobile (Messenger, WhatsApp).
Concept de Familink
  • La réalité augmentée qui consiste à superposer des éléments de la réalité avec des éléments virtuels. La réalité augmentée est de plus en plus utilisée pour mettre en valeur le patrimoine. La start-up française Histovery a établi des partenariats avec certains monuments du patrimoine et met à disposition un iPad sur lequel on peut visualiser la reconstitution des lieux à une époque donnée. Ils ont travaillé, entre autres, sur le Palais de la Conciergerie à Paris et le Château de Chambord. C’est un super moyen d’imager le passé et de susciter la curiosité des jeunes sur notre patrimoine. On peut même aller plus loin en se demandant : à quand la reconstitution virtuelle des maisons de nos ancêtres à partir du cadastre et des inventaires ?

Concernant, l’aspect plus social, j’ai rencontré à RootsTech le fondateur d’une start-up anglaise qui s’appelle Reliving. Ils ont créé un site internet qui permet de rassembler des contenus sur l’histoire familiale dans un espace réservé à sa famille, une sorte de réseau social familial et privé. Ils appellent cela la « Digital Time Capsule ». C’était également la proposition de valeur de la start-up française Famicity qui a malheureusement fermé son site internet il y a quelques semaines faute de business model viable. Je suis curieuse de voir comment Reliving va se développer.

J’espère que ces exemples ont permis de vous convaincre que la technologie promet un avenir bien intéressant à la généalogie !

Dans mon prochain article, j’ai prévu de creuser encore le sujet de la vidéo en généalogie, avec un nouveau projet familial que je suis en train de mener. Il fera notamment suite à cet article et à celui que j’avais déjà écrit sur la vidéo pour booster votre généalogie que je vous invite à lire (ou à relire). A très vite !

5 Comment

  1. bonjour
    je me permets de reproduire votre article dans le bulletin du Cercle de généalogie et d’Histoire du LCL CA sa mes adhérents ne sont pas trop adhérents aux réseaux sociaux …
    merci de votre accord. cordialement
    MIreille Pailleux

  2. Mais oui Marine, tu as raison, mettons-nous à la portée des jeunes générations et nous allons apprendre beaucoup. Leurs compétences dans l’utilisation des nouvelles technologies peut nous apporter des quantités d’idées, à exploiter ensemble.

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